L'auditoire et la justice

Monéteau et sa prison ?


Depuis quelques années on parle de « la prison de Monéteau ». Il s’agit d’un petit bâtiment situé à l’angle de la place de l’église qui fut remis en état en 1997 lors des travaux de rénovation de la dite place.  En réalité ce bâtiment n’était qu’un auditoire (plus près du Palais de Justice que de la Maison d’Arrêt). La confusion vient de quelques astuces architecturales (comme le barreaudage réalisé avec talent par les employés de la commune.) Il n’en reste pas moins qu’une pierre d’angle côté cour et  les sièges de pierre, réservés au Juge et à ses assesseurs, attestent de la destinée originelle du bâtiment auquel on accolait une jaquette.

L’auditoire et la justice

Au XVe siècle en matière de justice il n’y avait d’autre règle pour juger des intérêts tant civils que féodaux que les usages particuliers à chaque localité. Aucune règle de droit n’était écrite et tout variait de province en province, de village en village. Quant il s’agissait d’appliquer une règle, les tribunaux appelaient tous ceux qui pouvaient en témoigner et c’était une inextricable confusion pour juger. Il fallut attendre Charles 7 qui décida de codifier et d’uniformiser tous ces règlements locaux ; en 1453 il fit rédiger les premières coutumes.

 Peu de temps après la rédaction de ces premières coutumes, le chapitre compléta l’organisation de la justice à Monéteau en faisant bâtir un auditoire sur la place de l’église. Construit de pierre, de chaux et d’arène, l’ouvrage était de dimensions modestes, (Trois toises en œuvre sur douze pieds de long , soit  5,4 m x 3,6m.) En périphérie, il fut équipé de sièges de pierre avec au milieu un emplacement réservé au Juge du dit lieu.  A cet auditoire  on y adjoignit un abri qui renfermait « la jaquette » sorte de cage à claire-voie en bois qui tenait lieu de « violon » (elle était stockée jusqu’alors au four banal). Enfin  un carcan fut établi sur la muraille de l’auditoire…. La maison d’arrêt de Monéteau était née. 
La juridiction supérieure était assurée par un bailli et à un degré inferieur par un maire qui était chargé de poursuivre les délits civils et criminels. et dont l’une des prérogatives était de convoquer deux fois l’an « l’assise ou grands jours » (assises communales composée des principaux habitants du pays). Cette dernière fonction était occupée en 1574 par un laboureur du pays, Sebastien Colon dont les honoraires consistaient en une part qu’il prélevait sur les amendes. 

img-3480.jpg

 retour à ANICOM & patrimoine