Le banc d'oeuvre

 

 

 

Banc d’œuvre 1672

Le banc d'oeuvre que l'on retrouve en l'église Saint Cyr de Monéteau est le dernier vestige de l’église Saint Loup située à Auxerre entre la place Saint Nicolas et la rue du docteur Labosse (Impasse St Loup). L'église qui fut détruite à la Révolution.

 

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Ce Banc d’œuvre faisait partie du mobilier de la confrérie Saint Nicolas des mariniers d’Auxerre: une confrérie qui réglementait le métier, protégeait, aidait ses membres et leur assurait une promotion sociale.Lors de fêtes du saint patron les hauts dignitaires de la confrérie se tiennent dans ce banc d’œuvre entourés des autres membres. Ces hauts dignitaires avaient  chapelle dans l’église, grand messe, et banquet le jour de la fête du saint. Mais pour surveiller un peu tout cela, le curé de la paroisse était responsable du droit de la confrérie. 
Ce Banc avec dais est fort remarquable et reste le plus beau de l’Yonne. Il fut transporté au début du XIX siècle et installé face à la chaire mais, de par ses dimensions imposantes, il ne tenait pas en cette place et  on dut le mettre au fond à coté de la grande porte. A l’examen, ce banc de 2,24 m de largeur est constitué de trois panneaux et d’un énorme coffre. Le dossier est surmonté d’une boiserie ornée d’un bas relief singulier. Sur un massif de rocher formant le rivage se dresse un phare surmonté d’un toit aigu avec une lanterne suspendue au bout d’une longue barre. Sur la rivière un  navire avec sur la proue l’évêque Saint Nicolas debout, crosse en main qui bénit trois enfants nus retenus dans une cuve au bas de la tour de guet. En haut de ce panneau deux écussons sculptés d’armure, de rames et de deux mains qui s’étreignent.  Le dais est surmonté d’un médaillon qui représente le couronnement de la Vierge par le Père le Fils et l’Esprit symbolisé par une colombe. Au-dessus de la corniche des bandes délicates et élégantes de feuillage, accompagnant sur les coté des écussons ornés de fleur de lys, toutefois celles ci furent enlevées à coup de ciseau lors de la Révolution. 

Les enfants de la légende dit-on, pourraient en fait, être des officiers qui firent escale à Myre en Asie mineure. Mais des légendes sur ce Saint Nicolas, (patron des mariniers, des enfants, des jeunes filles à marier et des prostituées,) il n’en manque pas.  Les Cochois, grands patrons du transport fluvial à Auxerre,  ont donné la préférence  aux trois petits enfants qui « s'en allaient  glaner aux champs ». 

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