Chateau de Sommeville

 

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Louis-Ferdinand Bonnet,

avocat courageux

 

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Parmi les bâtisses et autres « châteaux » témoins du passé sur la commune de Monéteau, le château de Sommeville doit sa notoriété à l’un de ses propriétaires (de 1797 à 1839) : Louis-Ferdinand Bonnet, avocat, député et conseiller à la Cour de Cassation où il occupa le plus haut rang. Mais sa plus grande gloire il l’acquit au cours de sa carrière d’avocat, le 28 mai 1804. Ce jour-là s’ouvrait le procès des conspirateurs royalistes soupçonnés d’avoir manigancé la chute et l’assassinat de Bonaparte. Parmi la liste de ceux-ci figurait le nom du général Jean-Victor Moreau, dont les victoires militaires avaient exacerbées la jalousie du tout nouvel empereur. Accepter de défendre le rival détesté du maître du moment présentait bien des risques. Plusieurs avocats se sont dérobés. Me Bonnet accepte. Il sait que les juges ont reçu pour consigne de condamner son client à mort. Cependant, six heures durant, il s’applique à maintenir le débat sur le terrain juridique, démontrant avec rigueur qu’aucun témoignage n’accrédite la culpabilité  effective de Moreau. Aux interruptions haineuses du procureur, Bonnet réplique par des sorties fulgurantes vantant la bravoure et l’esprit patriotique du général, sans qui certaines victoires de la Révolution, voire napoléoniennes, n’eurent été décisives.

Au terme d’un délibéré de 13 heures, le verdict fait état  d’une condamnation à deux ans de prison pour Moreau. La colère de Napoléon s’abat alors sur Bonnet dont il envisage la radiation, ou même l’emprisonnement. Cambacérès parvenant enfin à l’apaiser, il n’en fut rien.

Dix ans plus tard, l’empereur de Russie  qui était entré dans Paris, lui fit demander son plaidoyer et lui adressa une lettre très flatteuse.

Bonnet se servit encore de sa haute autorité,  en 1814, en faveur de la ville d’Auxerre. Celle-ci, occupée par les troupes d’un général autrichien, le baron d’Ulm, était frappée d’une contribution d’un million de francs. Les administrateurs du département étant retenus en otages jusqu’à son versement. Bonnet intervint activement et obtint la réduction de la dite contribution à 180.000 francs.

 

D’après Jean-Pierre Fontaine,

« l’Yonne Mag » du 17 février 2007

 


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