Bernard MERY

 

Avocat de formation. Bernard Mery a écrit deux ouvrages pamphlétaires dénonçant l’influence des sectes dans la justice, ce qui lui valut les foudres de ses pairs jusqu’à la volonté d’effacement et d’éradication. Au soir de son existence, il avait enfin découvert en Laure l’espérance du repos, la sensation d’une invincible protection, une même résonance dans un besoin commun de consolation, Laure ayant été blessée dans son âme et son corps. Mais ce qu’il croyait devoir durer à jamais, tant les liens, les points communs et les partages semblaient forts, devait disparaître subitement, relativisant une fois de plus les certitudes de vie et soulignant la fragilité de tout sentiment même s’il avait pu paraître fort et inaltérable.

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« la vie une seule fois »

Chaque épisode de notre vie n’est que l’instant d’un moment définitif, une occasion qui ne se produira jamais plus, qui ne pardonnera rien, n’offrira jamais une chance de réparation ou de reprise. À l’inverse, chaque moment de vie qui s’ouvre est aussi une aptitude au recommencement et à une renaissance. Le libre arbitre est notre liberté mais il est sans pitié ni commisération

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« Je ne suis plus amoureuse »

Le présent ouvrage est une œuvre de sauvetage, destinée, à travers la terrible souffrance de son auteur, à percer le secret de la femme, née comtesse en ligne directe de Marie Stuart, qui, sans prévenir, lança à celui qu’elle disait aimer, et au téléphone, son « Je ne suis plus amoureuse » qui clôturait subitement toutes relations après sept années de rêve. Qui est donc cette femme aux plusieurs noms, si secrète qu’elle ne parlait toujours qu’à demi-mot, qu’à demi-sens des mots, comme si elle avait été enfermée et enserrée, très jeune, dans un bouton de rose hermétiquement clos ? Quelles souffrances avait-elle endurées pour agir avec une si étrange et soudaine brutalité ? Dans la mesure où Laure fuyait les questions, pour s’enfoncer dans un mutisme implacable, il fallait bien que celui qui était confronté à une épreuve si vitale puisse, tel un détective, rechercher, rassembler les bribes éparses qu’il connaissait d’elle. En adoptant cette forme sauvage de rupture, Laure s’était libérée des conventions, de son obligation du savoir-vivre et de sa compassion. Cet écrit est un acte de résistance, de celui qui ne voulait pas mourir sans avoir découvert les ressorts du crime qu’il subissait. Il est en effet impossible d’ignorer que, quoi qu’il arrive, Laure survivra longtemps à la disparition de sa victime. Il y avait ainsi raison suffisante de raconter cet essentiel du jusqu’où pouvait aller la brutalité d’une femme de qualité, qui, rattachée à ses lointains ancêtres, traumatisée par une répudiation alors que la maladie investissait son corps, usait du billot à satiété, animée d’une rage ancienne car en partie incestueuse.

 

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